Le jour de carence : la recette contre l’absentéisme ?

    © Copyright 2013 CorbisCorporationDes études effectuées par l’assureur Sofaxis sur 2012, il ressort que les arrêts maladie d’une journée sont chuté de 40% dans les établissements de santé et de 43 % dans les collectivités locales.
    La cause de cette chute ? Elle est attribuée au « jour de carence »  décrété par le gouvernement précédent.
    Raison pour laquelle sans doute on a décidé de le supprimer au 1er janvier 2014 ?

    Une mesure gouvernementale qui marche, cela pourrait faire désordre.
    De même les arrêts de deux jours ont chuté de 33.8% et ceux de plus de trois jours de 16.3%. Même tendance générale dans la fonction publique territoriale.

    Qui c’est qui est dans ses petits souliers ?
    Mme Lebranchu, ex ministre de la justice sous Mitterrand si nos souvenirs sont bons et ci-devant ministre de la Fonction publique de M. Ayrault qui juge de manière péremptoire que cette mesure étant « injuste, inutile et inefficace » il fallait l’abroger.
    On pourra discuter à perdre haleine sur le degré d’injustice à établir des lois palliant certains comportements devenus de véritables phénomènes culturels, mais pour ce qui est de « l’inutilité et de l’inefficacité » Mme Lebranchu semble avoir tout faux.

    Rappelons à notre distinguée ministre que, dans le privé, les salariés « bénéficient » non pas d’un mais de trois jours de carence maladie. Souvent pris en charge par l’employeur. Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ? Nous croyons avoir la réponse mais tout le monde la devine sans que nous ayons à l’expliciter…surtout en période pré-électorale.
    Autre raison invoquée par le ministre en faveur de l’abrogation : un impact « très limité » de ce jour de carence sur le plan budgétaire. Rappelons incidemment que, d’après « Le Parisien » le coût moyen des absences pour raison de santé est de 1800 € pour un agent territorial et de 3000 € pour un agent hospitalie. « limité » vraiment ?
    En tout cas, en contradiction totale avec l’estimation réalisée par la FHF : 60 à 75 millions d’euros de surcoût à prévoir dès l’année prochaine s’il est supprimé !

    Mais peut-être notre gouvernement n’est-il pas à 75 millions près et les augmentations d’impôts tous azimuts ne sont-ils là que pour nous empêcher de vivre déraisonnablement.
    Mais, hors de tout esprit polémique, nous observons que le même article de Le Parisien affirme que  » depuis 2007, la durée des arrêts de travail a augmenté de 16% dans la fonction publique territoriale, de 10% dans la fonction publique hospitalière. Cette forte hausse est due en particulier aux accidents du travail et maladies professionnelles (+ 42% en 6 ans chez les agents territoriaux, +29% chez les agents hospitaliers) »

    Ce qui permet de recadrer la question d’une manière plus large et, nous l’espérons, plus pertinente. La vraie question à débattre ne doit pas porter sur l’efficacité ou non de mesures coercitives pour enrayer l’absentéisme – que ce soit dans le privé ou plus particulièrement dans le public – mais sur la manière positive et efficace de mesurer le bien être au travail et de promouvoir le souci de la santé des salariés de tous niveaux dans l’entreprise quelle qu’elle soit. Puis de mettre en oeuvre les mesures et actions nécessaires pour que chacun ait envie d’aller « bosser ».

    Particulièrement sensible à ces questions qui constituent une de ses préoccupations majeures, le C2DS a créé un outil qui permet de mettre en place des indicateurs efficaces débouchant sur la mise en place des plans d’action nécessaires et de leur suivis : le B2ST® (indice du  Bien être, Santé et Satisfaction au Travail)
    Si on se réfère aux enquêtes alarmantes sur le « burn-out » ou le taux de suicides dans notre système de santé, on s’aperçoit que « le jour de carence » représente une mesure dérisoire (même si elle est économiquement satisfaisante) et qu’il convient de redéfinir les problèmes de manière moins technocratique et plus humaine.

    Tout le monde y gagnera

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

     



     

     

     

    • Voir les commentaires

    Vous pourriez aimer aussi

    Les 4 « Grands Chantiers » de Ségolène Royal pour l’Ecologie et l’Energie

    Précisant d’entrée de jeu que la « transition énergétique » était une des priorités du nouveau ...

    La « taxe carbone » est entrée en vigueur le 1er avril !

    Elle concerne le gaz, le fioul lourd et le charbon. Voici comment Le Ministères ...

    L’AEE dénonce la pollution chimique dans les eaux européennes !!!

    Les produits chimiques sont aujourd’hui omniprésents dans l’environnement, et n’épargnent pas les eaux douces ...