Comment les « nanos » rendent les dispositifs thérapeutiques « intelligents » !

    Comment les "nanos" rendent les dispositifs thérapeutiques "intelligents" !

    L’équipe du Nano Lab de la Tufts University (Boston USA) nous présente un fil « intelligent » qui recueillerait des données de diagnostic à partir d’une plaie dans laquelle il a été suturé !

    Nous connaissions déjà des dispositions de soin de plaie dits « intelligents » permettant de détecter une infection, une inflammation chronique ou un retard de cicatrisation. Toutes évolutions qui n’ont jamais échappé à l’œil vigilant des praticiens, suivant notre expérience. Tout récemment est même apparu un pansement « intelligent » qui détecte la formation de l’escarre.

    Soit. Deux sources d’informations valent mieux qu’une et si les dispositifs de santé se mettent à devenir « intelligents » à la place des soignants on ne va pas bouder notre plaisir.

    S’agissant du fil du Nano Lab, on nous explique qu’après avoir traversé plusieurs couches de tissu [il] permet de recueillir des données de diagnostic et d’évolution de la plaie, comme par exemple les niveaux de pH et de glucose.

    Comment parvenir à un tel résultat ?

     Tout simplement en intégrant des capteurs dans le fil de suture, conçus à l’échelle nanométrique. Ceux-ci captent les données nécessaires au diagnostic et les retransmettent sans fil et en temps réel.

    On voit à quoi ce fil d’Ariane nanométrique aboutit : vers une nouvelle technique de diagnostic entraînant la mise en œuvre et le développement d’une nouvelle génération de dispositifs de diagnostic implantables.

    La méthode

    Il s’agit de sélectionner différents fils conducteurs suivant les nécessités, les tremper dans des composés chimiques de détection et ensuite les connecter à des circuits électroniques sans fil : votre  nano-plate-forme flexible est alors constituée.

    C’est ce qu’ont fait les chercheurs de Nano Lab. Ils ont ensuite testé leurs dispositifs in vitro… et in vivo sur des rats. Et ils ont ainsi obtenu toutes sortes d’informations sur la santé des tissus de ces rongeurs : pression,  stress,  tension et température,  niveaux de pH et de glucose.

    Informations qui ont pu être ensuite transmises, sans fil, à un téléphone portable et à un ordinateur.

    Perspectives et développement.

    La plate-forme nano est susceptible d’une grande adaptabilité, affirment les chercheurs. Elle peut s’intégrer à des structures complexes : organes, plaies, implants orthopédiques.

    Les premiers résultats sont prometteurs et permettent d’envisager de personnaliser au plus près le traitement des plaies et les processus de cicatrisation, mais, il faudra d’abord valider la biocompatibilité de cette technique sur le long terme.

    Cependant le directeur du Nano Lab, envisageant les perspectives de cette fonctionnalité unique du fil « intelligent », ne cache pas son optimisme :  » Nous pensons que ces dispositifs à base de fil vont pouvoir être utilisés comme des sutures intelligentes pour les implants chirurgicaux, des pansements intelligents capables de surveiller la cicatrisation des plaies, ou intégrés avec des textiles ou des tissus pour jouer le rôle de moniteurs de santé personnalisés « 

    Du 2D au 3D :

    Les dispositifs implantables de monitoring étaient jusqu’à présent conçus en 2D et n’étaient utilisables que pour des tissus « plats » tels que la peau. Mais le fil utilisé pour ces dispositifs possède des caractéristiques techniques et économiques (souple, flexible et peu coûteux) qui le rendent facilement utilisable dans des formes complexes exigeant le3D.

    Et, comme un progrès n’arrive jamais seul, on peut tout aussi bien apporter directement des molécules thérapeutiques au tissu à soigner, par ce procédé. Il suffit d’utiliser  les propriétés du fil pour en faire une mèche naturelle !

    A priori et sous réserve d’expérimentations plus poussées dans le temps, nous avons là une possible utilisation positive des nanoparticules. A condition que leur usage en soit strictement réservé aux nécessités thérapeutiques telles que décrites ci-dessus et qu’il soit limité dans le temps.

    Conclusion.

    Sous ces conditions elles pourraient apporter un progrès en termes de santé publique. Mais sorties de ces applications et répandues à foison dans la cosmétique, les bonbons, le glaçage des gâteaux, les tissus d’ameublement, les vêtements  et toutes sortes d’autres applications dans les produits de grande consommation, et nous référant à des études déjà menées sur le sujet,  nous continuerons à les dénoncer comme sources de graves troubles de santé publique à venir.

    Ne reproduisons pas avec les « nanoparticules » les erreurs qui ont déjà été commises dans l’utilisation de certaines substances présentées comme des « panacées » pour le citoyen…mais qui, en fait, sont surtout une « manne » pour leurs fabricants.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

    https://politiquedesante.fr/2016/06/29/des-bonbons-et-gateaux-maquilles-aux-nanoparticules/

    https://politiquedesante.fr/2016/06/16/des-nanoparticules-dans-le-lait-de-nos-bebes/

    https://politiquedesante.fr/2014/11/07/la-detection-du-cancer-par-les-nanoparticules-et-lavenir-de-la-medecine/

    https://politiquedesante.fr/2014/12/02/epatant-400-000-tonnes-de-nanoparticules-dans-la-nature/

     

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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