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Antibiorésistance et contrattaque urgente.

antiLe ministère de la santé a décidé de contrattaquer pour pallier les dangers d’une résistance bactérienne de plus en plus forte aux antibiotiques qui cause de plus en plus de dégâts en termes de santé publique. Et pas seulement en France.  Sujet sur lequel nous avons déjà alerté nos lecteurs à plusieurs reprises.
Aussi, le 23.09, le ministère a-t-il publié les recommandations d’un rapport qui vient de lui être remis par le Dr Jean Carlet, président de l’Alliance Contre le développement des Bactéries Multi-Résistantes (ACdeBMR) .
Rapport des plus alarmistes puisqu’il nous apprend que « plus de 150 000 patients développent une infection liée à une bactérie multi-résistante, et plus de 12 500 personnes en meurent, en France chaque année ». Triste record pour la France par rapport à au reste de l’Europe.

Les recommandations adoptées par le ministère :
• Mieux coordonner les actions de lutte contre la résistance bactérienne aux antibiotiques. Comment ? en limitant « la durée de prescription initiale à 7 jours ».
• Mise en place d’un référent antibiotique dans chaque Agence régionale de Santé (ARS) ». Cette mesure devrait réduire de 25% la consommation globale d’antibiotiques et faire passer la mortalité au-dessous de 10 000 décès par an.
• Encourager la recherche dans ce domaine et soutenir les travaux concernant de nouveaux produits luttant contre l’antibiorésistance.
• Sensibiliser la population au bon usage des antibiotiques et contribuer à « faire évoluer en profondeur les mentalités, en s’appuyant notamment sur les nouvelles technologies et les réseaux sociaux » ;
• Accorder « un statut à part » à ce type de médicaments, pour « promouvoir la recherche et faciliter l’accès de nouveaux médicaments sur le marché ».

Cette prise de conscience bien tardive nous rappelle un précédent article (LIEN) que nous avions publié sur l’impérieuse nécessité de mettre en place un indice PBT que nous présentions ainsi : « Mais hélas, aujourd’hui, on continue à prescrire des médicaments sans tenir compte de l’indice PBT (Persistent Bioaccumulation and Toxic) qui classe les médicaments de 1 à 9 en fonction du taux de rejet dans les urines des molécules qui le composent ».
Et nous citions un article Karine Le Loët, journaliste à Terra Eco (Paris) qui donnait une définition plus complète de cet indice : « Une base de données suédoise recense les médicaments et leurs effets sur l’environnement » « Jusqu’ici, avant de rédiger une ordonnance, un médecin scrutait la posologie et les contre-indications d’un médicament. Désormais, en Suède, celui-là peut aussi s’attarder sur le Net pour savoir si le traitement est dangereux pour l’environnement et opter, le cas échéant, pour une molécule moins nocive. Et ce grâce à une base de données nationale, à la pointe du progrès ». Etc…

Nous rappelons donc une nouvelle fois que :
– Nous ne pouvons plus prescrire sans tenir compte de l’indice PBT si nous voulons vraiment réduire les résidus de médicaments dans l’eau source d’antibiorésistance pour les humains.
2- Nous devons exercer une très forte vigilance sur les antibiotiques en médecine vétérinaire car il y a là une source de contamination importante, qui passe aussi bien par la viande que nous consommons, que par les déjections animales qui polluent faune , flore et nappes phréatiques.

Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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  • Perrin Philippe

    Merci Olivier pour cet article. Préoccupant ce sujet en effet. Il serait aussi souhaitable de lutter contre une pratique qui vise à vidanger les poches de perfusion non utilisées et contenant des médicaments dans les éviers des salles de soins avant de mettre le reste de la perfusion dans les DASRI…

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