« LAUDO SI » TOUT EST LIE…..

    encycliqueLe pape François vient de publier une encyclique sur l’écologie.
    Nous avons pensé vous en offrir le texte intégral, les analyses du pape rejoignant avec un rare bonheur les positions que nous défendons à PRIMUM-NON-NOCERE depuis des années.
    Nous nous autorisons quelques réflexions préalables que nous voulons partager avec vous.

    • Vous constaterez que ce texte ne peut laisser indifférent quelque personne que ce soit, (fût-elle délibérément athée) tant sa portée humaine est évidente. Le style en est clair, direct, voire familier, accessible à tous. Ce n’est plus le « chef de l’Eglise » qui parle aux seuls catholiques, c’est un véritable « lanceur d’alerte » qui s’adresse aux hommes de bonne volonté….ou un « père » qui parle à sa famille.
    • Il faut éviter de lire « laudo si » comme une étude scientifique ; le pape aborde ici une question cruciale pour l’humanité et il développe une conception, avant tout naturelle de l’homme et de la société.
    • Question tellement cruciale d’ailleurs, que contrairement à certaines encycliques qui ne s’adressent qu’aux collèges des évêques de l’Eglise universelle, ce texte est adressé à toute personne dotée de raison soucieuse des questions d’environnement…qui ne concernent pas que les Catholiques, on en conviendra.
    • Certains s’étonnent que le pape puisse y affirmer que « la propriété privée a des limites et qu’elle est subordonnée à la destination universelle des biens, Dieu ayant donné la terre à tous les hommes ». Or, c’est là la position constante de l’Eglise ; elle est présente dans toutes les encycliques sociales depuis plus d’un siècle. Ceux qui craindraient de voir le pape vouloir instaurer une sorte de « communisme » universel doivent se rassurer : ni François, (ni ses prédécesseurs) n’établissent de contradiction entre « Bien commun » et « Propriété privée » dans la mesure où le second est ordonné au premier.
    • Devant la gravité de la situation le pape intervient en homme de bon sens et de raison : il ne tranche pas sur les questions scientifiques qui font débat et qui ne sont pas de son ressort. Il donne sa vision, rappelle qu’il n’y a pas une cause unique aux phénomènes actuels, ce qui ne doit pas empêcher chacun de nous d’assumer la responsabilité de ses comportements en la matière.
    • Il est vain, nous dit-il, de traiter des questions d’environnement sans faire référence à une conception de l’homme et de la Création. C’est pourquoi il nous parle « d’écologie humaine » ou « d’écologie intégrale ». Vouloir comme, le souhaitent certains, protéger la nature au détriment de l’homme est une absurdité, un non-sens car l’homme n’est pas un « gêneur » à éliminer pour que la Terre se porte mieux. D’un autre côté, il est évident pour François, que considérer la nature comme un trésor à exploiter ou une bête de somme dont on peut tirer le maximum de manière illimitée et désordonnée est un autre non-sens. Mortel, ajouterons-nous pour notre part.
    • Le premier objectif de l’écologie doit donc viser à protéger l’homme, ses conditions de vie, sa dignité et c’est pour y parvenir qu’il est indispensable de protéger la nature, condition même de sa survie car « tout est lié » répète le Pape une dizaine de fois dans son texte.
    • Comment atteindre ces objectifs ? François ne dresse pas un catalogue de mesures à prendre ; il s’en remet aux hommes de bonne volonté, de connaissance et de prudence qui, chacun dans son domaine, peuvent proposer un certain nombre de solutions. Ce sur quoi insiste en revanche le Pape c’est sur l’éducation au bon usage de la nature induisant une modification de nos comportements quotidiens.
    • Certes il attend beaucoup des hommes politiques car ce sont eux – et ils l’oublient bien souvent – qui sont les ultimes responsables du Bien Commun mais il n’oublie pas de rappeler aussi que nous portons tous notre part de responsabilité dans la dégradation du notre environnement : nous devons donc changer « de style de vie, de production et de consommation » et en particulier notre « consommation compulsive » et « notre culture du déchet ». Tout cela commençant par « un changement du cœur ».
    • Aussi évoque-t-il le mariage entre l’homme et la nature, le soin « de la maison commune » : la Terre, maison des hommes qui constitue un enjeu crucial. Il nous faut sauvegarder la nature si nous voulons sincèrement sauvegarder l’homme lui-même car l’opposition entre les deux démarches est absurde.
    • Ainsi, la nature est importante parce qu’elle est faite pour l’homme. C’est en cela que l’écologie doit être intégrale, car elle doit concerner l’homme dans toutes ses dimensions : le respect de la vie complétant harmonieusement le respect de son environnement naturel. Et il ne manque pas de rappeler que ce sont les pauvres qui sont les premières victimes de nos dérèglements en matière de consommation, donc d’environnement
    • « Tout se tient », répète François, et la crise que nous avons à affronter, n’est pas d’ordre technique, scientifique ou politique : elle est d’abord et avant tout « éthique, culturelle et spirituelle ».
    Nous sommes entièrement d’accord avec cette analyse. Ce qui veut dire que tant que nous n’aurons pas répondu sainement à la question « qu’est-ce-que l’homme, qu’est-ce que la nature et quels sont leurs rapports réels », nos agitations, conférences, colloques, protocoles, resteront vains car « tout est lié, tout se tient ». Poser les problèmes en termes purement techniques, scientifiques ou économiques, est un leurre, une pure façon de reculer pour mieux sauter.
    Dans ces temps de grande inquiétude, l’intervention du pape constitue pour nous une « divine surprise », c’est une véritable bouffée d’air frais qui nous redonne courage et confiance dans l’avenir. François doit intervenir devant l’ONU puis devant le Congrès américain avant la Conférence de Paris. Nul doute pour nous qu’il n’en profite pour enfoncer le clou et mettre la conscience internationale devant ses responsabilités.
    La prise de position de l’Eglise par la parole de son Chef est peut-être train de provoquer une « conversion » de l’état d’esprit ambiant : vivre en 2015 est une chance, en prenant conscience des enjeux, de jouer un rôle bénéfique, individuellement et collectivement, au service de l’humanité.
    Nous acceptons sans réserve « l’utopie qui fait rêver, qui élève et qui libère » que le pape nous propose et nous allons le contacter pour le féliciter, le remercier et lui proposer d’apporter son soutien aux professionnels de santé du monde entier engagés dans un développement durable en santé pour le Bien Commun.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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