La salutogénèse : une révolution médicale en germe?

    salutogenese

    Voilà une démarche qui, en matière de santé, prend le contre-pied de la démarche classique.

    Elle substitue la question : « quelle est l’origine de la santé » (l’étymologie est très claire à ce sujet) à la question que la médecine se pose depuis au moins Esculape et, avant lui, probablement à Chiron lui-même, : « quelle est l’origine de la maladie (pathos) »

    Bien sûr le type de question auquel on s’efforce de répondre, déterminera le geste thérapeutique : dans la vision pathogénétique on s’efforcera d’éviter les facteurs pathogènes voire de les prévenir.
    Ainsi, face à une infection on se demandera avant toute chose qui nous infecté ? Par quel virus ou bactérie ? quel recours antibiotique mettre en oeuvre ? Par quels moyens se protéger à l’avenir ?
    Toutes attitudes logiques et valables bien sûr.

    Alors que dans la vision salutogénétique la question qui se posera face à une infection, il faudra se demander : pourquoi suis-je infecté, alors que mon entourage est bien portant ? Qu’est-ce qui les a protégés ? Quelle énergie ont-ils mis en oeuvre ?

    Si bien que la question : « d’où vient la santé ? comment peut-elle être renforcée ? » devient prioritaire.

    Et il semble qu’elle aboutisse alors à la mise en évidence de plusieurs conditions indispensables à conserver la de santé et à la renforcer.

    Le système de santé ?

    Il va de soi que suivant que chacune des deux approches conditionne la conception et l’organisation d’un système de santé qui réponde à la question de départ. Quelle est l’origine de la maladie, ou quelle est l’origine de la santé, aboutiront à deux systèmes différents.

    Notre système de santé, quelle que soit son efficacité, et quels que soient ses efforts de remise en cause permanents, s’est assez souvent trouvé sous le feu des médias et des associations de patients ces dernières années, pour qu’une réflexion sur l’origine de la santé s’avère indispensable et prenne le relai de l’obsession contre le pathologique….et les insondables problèmes financiers qu’elle entraîne.

    Le signe en est que les usages de notre service de santé publique s’expriment de plus en plus sur la qualité des services et des soins qui leur sont proposés et sur les droits qu’ils estiment devoir défendre face à l’institution. Grâce à l’action des associations d’usagers que  nous évoquions plus haut et grâce aussi aux grandes enquêtes de satisfaction des usagers qui interfèrent de plus en plus sur l’évolution de tout le système de santé.

    Analyser les manques ou dysfonctions du système et les moyens mis en œuvre pour les corriger nous entraînerait trop loin, d’autant qu’il n’est qu’à suivre les publications de notre blog pour en être informé.

    salutogénese-santéMais il nous semble que, le moment est peut-être venu de faire sa place à la « salutogénèse » dans la réflexion d’ensemble sur la conception et l’organisation de notre système de santé.  Il serait peut-être utile et heureux de s’attarder à sa définition, telle que développée par le sociologue de médecine américano-israélien Aaron Antonovsky (1923-1994. La « salutogenèse » écrit-il, signifie « qu’on s’intéresse en premier lieu aux causes et aux conditions de la santé. On s’éloigne ainsi du paradigme classique de pathogenèse qui, lui, est orienté sur la maladie. L’accent n’est plus mis sur les facteurs de risque mais sur les ressources dont dispose l’être humain pour préserver et développer sa santé »  (Sources : educationsante.be).

    « C’est une révolte ?  » – « Non, Sire, c’est une révolution » répondait Vergennes à Louis XVI en 1789.

    Il se pourrait bien que ce modeste concept de « salutogénèse » entraîne une véritable révolution heureuse dans l’approche de la médecine occidentale.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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