Vernis pour ongles : danger pressant

    Vernis pour ongles : danger pressant
    Les vernis pour ongles qualifiés  «3-free», «5-free» ou même «8-free», prétendument inoffensifs suscitent de graves soupçons aux USA. Ils menaceraient la santé des travailleuses de l’industrie travaillant à la fabrication de ces produits très largement utilisés dans les salons de manucure qui ont tendance à se multiplier actuellement.
    Alerte aux USA

    D’où la sortie d’un documentaire – Painted Nails –  qui dénonce la nocivité de ces produits à travers les témoignages apportés devant le Congrès des USA en faveur du « Safe Cosmetics and Personal Care Products Act, un projet de loi bipartisan qui espère changer le règlement du Food, Drug and Cosmetic Act (FD&C Act) afin de durcir l’encadrement des ingrédients permis dans les cosmétiques aux États-Unis« .

    Documentaire qui a permis de prendre conscience des atteintes subies par les travailleuses dans ces industries à travers le témoignage d’une jeune femme qui, suite à son embauche, a souffert de maux de tête, de perte de mémoire, et a subi deux fausses couches.

    D’autres sources d’information comme  Women’s Voices for the Earth, révèlent que « les femmes qui travaillent dans les salons de manucure courent plus de risques de souffrir de maladies comme le lupus ou l’asthme, en plus d’être davantage sujettes que les autres travailleuses aux complications lors d’une grossesse« .

    Naissance d’un « Salon Vert »

    C’est ce qui a conduit l’une d’elles Jenny Duranski qui s’était aperçue que les symptômes dont elle souffrait – maux de tête, étourdissements, dermatite, difficulté à respirer – disparaissaient dès qu’elle partait en congé, à faire des recherches puis à créer un salon de manucure « vert ».

    Elle y a a remplacé tous les produits traditionnellement utilisés dans les salons de manucure par des substances plus naturelles et sécuritaires. Elle fabrique elle-même son propre exfoliant à partir d’ingrédients bruts et biologiques. Car il ne suffit pas d’utiliser un vernis « vert » pour être tirée d’affaire; il y a encore « la lotion, l’exfoliant, le masque, le dissolvant ou même l’eau de trempage, qui est souvent de la simple eau de vaisselle !» explique-t-elle.

    D’où son action avec le groupe de pression Campaign for Safe Cosmetics, pour obliger le Congrès à modifier la loi et que l’impunité totale dont bénéficient les entreprises de cosmétiques dans le choix de leurs principes actifs, soit enfin corrigée.

    La résistance s’organise au Canada

    On relève de semblables initiatives au Canada où « les fabricants et importateurs sont tenus de fournir à Santé Canada la liste des ingrédients des nouveaux produits au maximum 10 jours après leur mise en marché » et qui a vu s’ouvrir son premier salon végétalien à Montréal : le Salon Vong.

    Les substances à fuir

    Une liste critique des ingrédients cosmétiques à interdire ou à restreindre a d’ailleurs été éditée par Santé Canada :

    • le Formaldéhyde qui sert de durcisseur et qui, outre ses propriétés cancérigènes, irrite les yeux, gorge et poumons.
    • le Toluène qui fait glisser plus facilement le vernis sur l’ongle mais aurait un impact sur le système nerveux central, provoquerait des malformations chez le fœtus et dont les vapeurs irriteraient aussi les yeux, la gorge et les poumons.
    • les Phtalates qu’il n’est plus nécessaire de commenter à nos lecteurs.

    Puis viennent le Xylène, le Camphre, le Phosphate de triphényle (TPHP), le Colophane, l’Ethyl tosylamide, toutes substances qui à un degré divers sont nocives soit pour la peau, soit pour les muqueuses, soit pour l’activité des glandes endocrines, soit comme facteurs de résistance aux antibiotiques. Et plus si affinités.

    Où se documenter ?

    En allant sur le web où on peut trouver un article indiquant  « les 12 ingrédients à éviter dans les produits de beauté», publié par la Fondation David Suzuki. On peut aussi consulter le site web « L’Observatoire des cosmétiques » qui  offre une nomenclature très complète des divers ingrédients présents dans les cosmétiques ainsi que leurs fonctions. On peut aussi consulter la base de données Skin Deep, qui répertorie plus de 62 000 produits cosmétiques. Ou même «Liste critique des ingrédients de cosmétiques» de Santé Canada.

    En fait, il nous semble que le mieux à faire est de garder la couleur que la nature a bien voulu donner à nos ongles. C’est certainement  la plus belle et la plus saine.

    Des responsables aux « abonnés absents »

    Plus raisonnablement, il nous paraît évident que nous devons légiférer aussi vite que possible pour interdire l’utilisation de ces produits très toxiques dans les vernis à ongle (et autres cosmétiques). Nous n’avons d’ailleurs pas attendu la sortie de «  Painted Nails »  pour interpeller le ministère de la santé, car nous l’avons fait il y a de nombreux mois.  Notre intervention attirait justement l’attention des autorités sur la santé des pédicures /podologues qui sont exposés à des produits chimiques volatiles équivalent à 20 fois les valeurs limites d’exposition à la santé humaine.

    Serez-vous réellement surpris d’apprendre que le Ministre de la Santé ne nous ait jamais répondu ? Non plus d’ailleurs que le Président du Syndicat des Podologues, personnellement et directement alerté par courriers et rencontres… Il y a des silences qui ressemblent fort à des complicités.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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