12 millions de Français empoisonnés par la pollution

    12 millions de Français empoisonnés par la pollutionC’est de Toulouse – où se tenait la première édition des rencontres internationales Air-Climat-Santé – que nous parviennent ces chiffres effroyables : 42000 décès prématurés par an liés à la pollution de l’air en France, d’après l’OMS. Dix fois plus que les accidents de la route dont on nous rebat les oreilles. A tel point qu’on peut se demander s’il ne s’agit pas d’un rideau de fumée nous cachant l’essentiel. Le coût de cette pollution s’élève à plusieurs milliards par an, c’est à dire 300 à 400 € par habitant !

    Sont particulièrement montrées du doigt les villes d’Avignon, Bordeaux, Dijon, Grenoble, Montbéliard, Saint-Etienne, Montpellier, Nancy, Nantes, Toulouse, Strasbourg et les régions d’Ile-de-France et Nord-Pas-de-Calais.

    Les participants ont insisté sur « la nécessité de promouvoir des actions transversales et de mobiliser les acteurs locaux pour jouer sur tous les leviers : habitat, transport, etc…. »

    Une autre étude a été citée au cours de ces rencontres, celle d’Aphekom qui mesure l’impact sanitaire de l’exposition aux particules fines dans plusieurs villes européennes : Bucarest apparaissant en tête et Stockholm en (bienheureuse) lanterne rouge des villes les plus polluées d’Europe. Pour les Toulousains ont note un taux d’exposition moyenne de 17 mg/m et il faudrait tomber à 10 mg/m2 pour offrir aux Toulousains 6 à 7 mois d’espérance de vie supplémentaire (d’après le Dr Sylvia Médina de l’InVS).

    Bien entendu on constate un effet direct sur la fréquentation médicale et sans qu’on puisse donner de chiffres précis, l’exposition aux particules fines détermine une forte augmentation des crises d’asthme chez les enfants avec une surreprésentation des maladies cardio-vasculaires et cardio-pulmonaires.

    Une autre étude sur la qualité de l’air près du trafic, est publiée par AirParif, axée plus précisément sur les personnes sensibles – jeunes enfants, personnes âgées ou hospitalisées – et les complexes sportifs.

    En résumé, les calculs menés sur « 500 m de part et d’autre des axes routiers franciliens les plus denses [montrent que] l’impact sur la pollution peut être perceptible jusqu’à plusieurs centaines de mètres pour les plus grande infrastructures en 2011« . Or, 55% des établissements accueillant personnes sensibles et complexes sportifs, sont implantés dans la zone d’étude ci-dessus définie. Mieux : aucun établissement de la capitale n’est situé à plus de 500 m d’un axe important !

    L’étude montre aussi que « le dépassement des valeurs limites (40 µg/m3 pour le dioxyde d’azote (moyenne annuelle  – 50 µg/m3 pour les PM10 (moyenne journalière) » afflige « un quart des établissements pour les particules PM10) et un tiers d’entre eux pour le dioxyde d’azote. Tous les établissements dépassent l’objectif de qualité pour les particules fines PM2,5 qui est dépassé pour toute la région« .

    On constate aussi que les normes concernant les trois polluants sont dépassées pour les établissements implantés à  moins de 40 m d’un axe important. Ce qui intéresse :

    – 125 écoles accueillant près de 28.000 élèves de maternelles et primaires,

    – 85 crèches pour un total de 3250 places

    – 66 hôpitaux pour 6700 lits

    – 36 hébergements pour personnes âgées : 2500 places.

    Les trois quarts de ces établissements étant situés à Paris.

    En conclusion de ces deux études, nous pensons qu’il faut souligner l’importance de cette situation en termes d’impacts  économiques, écologiques et sanitaires, ce qui constitue le coeur du développement durable en matière de Santé.

    Quant on lit que réduire l’émission de particules fines de 17 à  10 mg /M3 permettrait d’allonger l’espérance de vie et de faire de considérables économies, il est clair qu’il faut d’urgence nous interroger sur les normes que nous devons appliquer à la qualité de l’air intérieur.  Nous pourrions alors, à très cout terme,  diviser la quantité de Composés organiques volatils par deux, voire par trois, à travers avec un plan d’action structuré en 4 thèmes, tous liés à la qualité sanitaire :

    – des matériaux de construction

    – des matériaux de rénovation, décoration, ameublement

    – des produits d’entretien et de maintenance

    – de la ventilation et du traitement de l’air.

    Sans oublier de travailler dur sur le deuxième axe d’intervention : l’amélioration de la pollution extérieure.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

     

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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