La résistance aux antibiotiques dénoncée par les USA : des mesures urgentes sont nécessaires.

    antibioC’est ainsi que les autorités américaines chiffrent à 23000 le nombre décès annuels liés à cette résistance, dans le rapport publié par les  » Centres pour le contrôle et la prévention des maladies « (US Centers for Disease Control and Prevention, CDC)« .

    L’antibiorésistance, phénomène lié à la surconsommation ou à une mauvaise indication des antibiotiques a été dénoncée à maintes reprises. Mais l’évaluation réalisée dans ce nouveau constitue une véritable « première ».

    C’est ainsi que le site d’information en ligne « Wired » nous apprend qu’aux USA, deux millions de malades sont affectés par les bactéries et les champignons résistant à certaines catégories d’antibiotiques….dont 23 000 succombent chaque année. Soit un coût de 20 millions de dollars en soins médicaux.

    Et les autorités sanitaires du pays de parler d’une véritable « catastrophe ». Rien de moins.

    Quelles sont les bactéries antibiorésistantes en cause ?

    Sept critères sont retenus :

              impact sur la santé

              impact économique,

              degré d’expansion

              degré de facilité de propagation,

              estimation de l’expansion dans les dix années à venir,

              recherche d’antibiotiques efficaces,

              autres voies et moyens de résorption possibles

    On a pu ainsi retenir dix sept bactéries classées suivant la gravité de la menace qu’elles font peser sur la santé publique et ainsi définie :  urgente, sérieuse, inquiétante.

    Trois d’entre elles ont été classées « menace urgente ».

     » Les entérobactéries résistantes au carbapénème, une classe antibiotiques souvent utilisée en dernier recours, résistent à la plupart des antibiotiques et causent 9000 infections et 600 décès par an.

    La gonorrhée, qui est une infection sexuellement transmissible, devient elle aussi résistante aux antibiotiques. Bilan: 246 000 infections par an.

    Enfin, les bactéries Clostridium difficile, des bacilles gram, qui servent de repère pour l’utilisation d’autres antibiotiques, ont pour conséquences pas moins de 250 000 maladies et 14 000 décès  » (fin de citation)

    Les antibiotiques, avancée thérapeutique majeure qui a permis au siècle dernier de lutter efficacement contre des infections telles que la tuberculose ou la peste, mortelles jusque là, ont sans doute souffert de leur succès et de leur popularité. Elles sont trop souvent apparues comme une panacée définitive.

    Cependant, leur surconsommation directe et indirecte – puisqu’on en trouve dans la viande de boucherie par exemple – a engendré une réaction catastrophique : les bactéries ont développé des systèmes de défense contre les antibiotiques censés les détruire. Et maintenant certaines de ces bactéries sont résistantes à toutes les classes d’antibiotiques.

    Résultat: elles s’avèrent inefficaces pour lutter contre les infections….qui redeviennent mortelles.

    Le premier front pour lutter contre ces bactéries devenues multirésistantes est celui des hôpitaux.

    Mais il faudra aller plus loin, et remettre en question leur utilisation dans la pratique courante. Il faudra par exemple éviter de donner des antibiotiques aux animaux, usage qui constitue un des facteurs majeurs de propagation des bactéries résistantes.

    Conclusion : prudence et circonspection sont recommandées dans leur usage.

    Notamment pour nous Français, puisque notre pays est le champion toutes catégories de la consommation pharmaceutique en Europe. D’où les graves déséquilibres physiologiques et endocriniens entraînés par les résidus médicamenteux dans l’eau de boisson, déséquilibres que nous avions dénoncés (à la suite de l’Académie de Pharmacie)  sur ce blog ainsi que dans notre ouvrage :  » Hippocrate, au secours !… »

    D’où aussi l’exigence impérative de choisir des aliments (fruits, légumes et viandes) exempts de toute trace d’antibiotiques en consommant du « bio » véritable. Les excès thérapeutiques se suffisent à eux-mêmes !!!

    Dans ce contexte, la proposition du ministre de la santé proposant une action pilote basée sur le volontariat et consistant à dispenser les antibiotiques de manière individuelle, personnalisée, et non plus en boite à contenance unique, nous apparaît comme une grande avancée. Il faut l’encourager et la soutenir. car cela constitue un des moyens de réduire les impacts économiques, écologiques et sanitaires. Bref ! C’est du vrai DD…..

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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