Allons nous mourir de soif ?

    Allons nous mourir de soif ?

    Question rhétorique ? Peut-être, mais quand on jette un simple coup d’œil sur ces lacs desséchés, ces fleuves où ne coule plus qu’un mince filet d’eau et les champs autrefois verdoyants désormais stériles, on peut finir par se la poser. Et ce n’est pas l’I.A dont on nous rabat les oreilles à longueur de journée, pour mieux détourner nos regards des choses qui fâchent, qui fera neiger dans les Alpes, pleuvoir sur nos champs et nos jardins ou remplir nos nappes phréatiques…

     

    Un cas d’école : Barcelone.

     La sécheresse est telle en Catalogne depuis trois ans, qu’on vient de décréter « L’Urgence Sécheresse » dans la bonne ville de Barcelone et dans 200 communes alentour. Et cette urgence est telle que la Région a décidé d’investir massivement dans  la mise en œuvre d’usines de dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées.

    Mais il ne s’agit là que d’un palliatif car le modèle économique local, centré sur le tourisme, implique une grande consommation en eau. Il faudra donc le transformer.

    Comme Barcelone, deux cents communes alentour ont, elles aussi, été placées en état d’urgence à la sécheresse jeudi 1er février. Quand on sait que Barcelone – véritable poumon économique de la péninsule – est la deuxième ville d’Espagne et la onzième ville la plus peuplée d’Europe, on devine la gravité de la situation. Désormais la situation est devenue tellement critique, les réserves d’eau étant passées sous la barre des 100 hectomètres cubes, que l’alerte a dû être déclenchée sans tarder et des mesures drastiques mises en place :

    • Maximum de 200 litres par habitant et par jour – puis à 180 et 160 litres – dans un premier temps,
    • Baisse de la pression au robinet,
    • Douches des gymnases fermées,
    • Arrosage des espaces verts radicalement réduits,
    • Interdiction de laver les voitures et de remplir les piscines. Même pour une simple mise à niveau…

    Ce à quoi il faut ajouter une baisse spécifique de la consommation d’eau

    • de 25% dans l’industrie,
    • de 50% pour les éleveurs,
    • de 80% pour les agriculteurs … quand ils ont encore des récoltes.

    C’est à tel point  que le président de la Generalidad a appelé les citoyens à lutter ensemble contre la sécheresse, comme cela s’est produit avec la pandémie de Covid-19.

     

    Les recours possibles.

    Ravitailler la région en eau potable via bateau citerne, comme cela avait déjà été le cas lors du précédent épisode de sécheresse en 2008 ?

    Absurde pour les spécialistes en la matière. Cela ne ferait que repousser le problème.

    Pour eux, la solution doit passer par un changement de paradigme.

    Les usines de dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées avec de nouvelles stations en construction ne seraient pour eux que des solutions ponctuelles et limitées. « Il faudra bien un jour affronter le vrai problème » ajoutent-ils c’est à dire « reconnaître que notre économie est basée sur des ressources qui s’épuisent.»

    Trois cents ans de « progrès scientifique » ininterrompu pour en arriver à ce constat à la portée de n’importe quel homme de bon sens ! Il aura fallu du temps…

     

    Et la France ?

    On constate que ce n’est pas beaucoup mieux.

    Le ministère de la transition écologique, vient de publier des chiffres alarmants puisqu’ils démontrent des pénuries d’eau dans 189 Communes au 8 septembre, soit plus du double par rapport au dernier état des lieux le 10 août !

    La raison ? Près des deux tiers des nappes phréatiques ont un niveau inférieur aux moyennes de saison. Et cela malgré un été 2023 assez pluvieux. Ce qui n’empêche que 40000 personnes manquent d’eau potable en France, 62 % des nappes phréatiques ont un niveau inférieur aux moyennes de saison, et 18 % sont à un niveau très bas. L’an dernier, à la même date, 77 % d’entre elles se trouvaient sous les moyennes et 20 % très bas a précisé le même ministère.

    Nous avons créé un outil de mesure de l’empreinte hydrique, dans le même esprit que le bilan carbone, c’est un bilan H2O… Ce sera bientôt une référence pour choisir des produits, des services, des organisations économes en eau…

    Les liens que nous vous fournissons plus bas vous permettront de prendre connaissance des éléments plus techniques du dossier ainsi que de l’ensemble des mesures envisagées.

     

    Olivier TOMA – Fondateur de PRIMUM-NON-NOCERE

     

    LIENS :

    https://www.lemonde.fr/climat/article/2023/09/13/secheresse-189-communes-toujours-privees-d-eau-potable-en-france_6189264_1652612.html

    https://www.toutsurmesfinances.com/vie-pratique/a/restriction-d-eau-interdiction-et-departements-concernes

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