De sérieux soupçons sur la nocivité du Triclosan ?

    De sérieux soupçons sur la nocivité du Triclosan ?Nous utilisons le triclosan –  un antibactérien – sans même le savoir dans notre savon liquide, notre dentifrice ou notre  déodorant et toutes sortes d’autres produits d’utilisation quotidienne.  Mais une fois de plus cette utilisation se fait à  nos risques et périls.

    Pourquoi ? parce qu’en plus de s’avérer perturbateur endocrinien (il dérègle la thyroïde) il se pourrait bien qu’il s’attaque aussi à la fonction musculaire. Particulièrement au muscle cardiaque d’après les chercheurs américains. Ce qui n’est pas anodin, vous en conviendrez.

    C’est ainsi que les études menées par le toxicologue Isaac Pessah (Université de Californie-Davis) sur la souris et sur des petits poissons, qu’on a soumis à des doses de triclosan similaires à celles auxquelles l’homme est exposé dans sa vie quotidienne, se sont avérées très inquiétantes. Il est apparu que les muscles de ces petits animaux avaient du mal à se contracter. L’un des responsables de l’étude publiée dans les comptes-rendus de l’Académie des sciences américaine (PNAS ) déclare même : « Nous avons été surpris par l’importance de l’altération de l’activité musculaire dans des organes très divers et à la fois dans le muscle cardiaque et dans les autres muscles« . Pas moins.

    D’autre part l’étude a établi que le triclosan avait un effet dépresseur « vraiment spectaculaire » sur la fonction cardiaque des souris. Quant aux vairons ils ont manifesté une réelle altération de leur capacité à nager après sept jours d’exposition à l’antibactérien. Conclusion logique : « chez des patients atteints d’insuffisance cardiaque, le triclosan pourrait avoir un effet significatif en raison de son utilisation massive ».

    Surprenant ? Non. Car des études précédentes avaient déjà mis en lumière l’action du  triclosan dans le développement des allergies et celle d’une résistance à certains antibiotiques. La FDA (Food And Drogs Administration) et l’EPA (Environnemental Protection Agency) en avaient tiré les conclusions nécessaires sans pourtant passer à l’acte. Elles s’étaient contentées de réévaluer les risques liés à ce composant. Les décisions véritables sont attendues pour 2013.

    Pourquoi ? Parce que la FDA considère ne pas avoir, pour le moment, suffisamment de preuves pour incriminer les produits contenant du triclosan auprès des consommateurs (un gros marché comme on s’en doute). Tout au plus concède-t-elle  qu’il n’existe pas, en revanche, de preuves que le triclosan ajouté dans les savons antibactériens « soit plus efficace en termes de santé que le savon normal et l’eau« .

    Nous sommes tellement habitués aux comportements jésuitisme dans les décisions des autorités sensées protéger la santé publique que ce type de déclaration ne nous surprend plus.

    D’autant que, chez nous, la CAHPP (Centrale d’Achat Hospitalière) a décidé depuis deux ans d’anticiper et de dé-référencer des fils de suture chirurgicaux contenant du triclosan.

    Mais si on ajoute systématiquement cet antibactérien très puissant aux produits de grande consommation, cette mesure ne servira de rien puisque nous continuerons à créer les multi-résistances de demain !

    Dans notre ouvrage « Hippocrate, au secours !…. » nous écrivions à propos de cette multi-exposition à laquelle nous sommes soumis pieds et poings liés :

     » N’oublions pas, pour appréhender le problème sous tous ses aspects, que ces sujets sensibles mobilisent de nombreux et puissants lobbies. Certains groupes de pression économiques n’ont aucun intérêt à ce que cet état de fait change. Mais la multi-exposition à laquelle les populations sont soumises compte tenu de ce qu’elles consomment tous les jours sous forme de phtalates, parabènes, triclosan, téflon et quantité d’autres produits chimiques potentiellement ou clairement dangereux ne doit-elle pas être prise en considération et entraîner des mesures de précaution ?

    Chaque industriel assurera – en toute bonne foi – qu’il respecte scrupuleusement les consignes sanitaires. De fait, les seuils utilisés dans les produits cosmétiques, dans les laits pour nouveau-nés, dans l’alimentaire, dans les crèmes, etc., respectent les normes imposées. Mais personne ne s’interroge sur ce que produit l’inévitable multi-exposition à ces produits divers et variés « 

    Aucune réponse ne semble devoir nous être donnée pour le moment. Quels nouveaux fléaux sanitaires faudra-t-il attendre pour que les mesures inévitable soient prises ?

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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