« En matière de santé mondiale, il faut revoir tous nos schémas ! » affirme Davos.

    "En matière de santé mondiale, il faut revoir tous nos schémas !" affirme Davos.Le Global Risk Forum qui s’est tenu à Davos et qui réunissait 60 pays sur le thème « Une planète, une santé » à l’initiative de l’OMS, de la FAO et de l’OIE, prône une approche intégrée de notre santé en connexion avec celle de notre écosystème, concept qui s’est précisé au cours des trois forums précédents.

    Ce dernier forum qui réunissait Organisations internationales, pays occidentaux, universités occidentales et instituts de recherches, sans oublier la Banque mondiale et l’Union Européenne, praticiens de santé de terrain, secteur privé, monde agricole et ONG, plus une timide représentation des pays dits « en voie de développement » a mis l’accent sur l’interdépendance entre notre santé, celle des animaux et l’intégrité de nos écosystèmes. Interaction encore trop négligée dans la gestion de notre santé et qui doit désormais s’imposer devant l’apparition de nouveaux risques, le temps des approches sectorielles existantes et celui des vieux dogmes et positions rétrogrades étant révolu. Resterait encore à préciser ce qu’on englobe sous ces principes bien vagues.

    Bien entendu l’idée d’une étroite interdépendance de notre santé avec notre environnement n’a pu que mettre d’accord épidémiologistes, nutritionniste, physiologistes, médecins, vétérinaires, sociologues de tout horizon.

    Quelques indications chiffrées glanées pendant le forum :

    Les animaux. 60% des agents pathogènes qui affectent l’homme proviennent des animaux. Ex : la grippe. Pourcentage qui monte à 75% pour les maladies infectieuses émergentes chez l’homme. Situation que nous devons à la proximité de notre génome avec celui des animaux et qui expose les deux règnes à des interactions réciproques. Ex : le virus Hendra en Australie capable de passer des chauve-souris au cheval, puis au chien et à l’homme avec pneumonies ou encéphalites à la clé et issue fatale dans plus de 50% des cas.

    L’alimentation. 80% des infections d’origine animale dont nous souffrons viennent de denrées alimentaires, dont les aliments d’origine végétale. Les aliments tant d’origine animale que végétale, portent l’empreinte des systèmes de réalisation agricole : pesticides, antibiotiques et autre composants chimiques et nous commençons seulement à découvrir leurs effets sur notre santé.

    Le contact extérieur. Notre contact avec l’environnement se fait à 99.5% par les muqueuses et à 0.5% par la peau. Soient 100 m2 pour nos poumons et 300 m2 pour nos intestins ! Nous absorbons une tonne d’aliments et d’eau par an en moyenne. Notre flore intestinale héberge plus de cent mille milliards de bactéries et nous respirons 3 milliards de litres d’air au cours de notre existence. D’où la sensibilité de notre organisme à toute modification de notre environnement, même légère. D’où aussi l’importance de notre système immunitaire chargé d’assurer l’adaptation permanente de notre organisme aux agents exogènes…plus ou moins bien intentionnés. Or, ce système apparaît comme de plus en plus débordé : 20 à 30% de la population mondiale souffre d’allergies. En France 10 millions de personnes souffrent d’allergies alimentaires.

    Entrent aussi en jeu les facteurs socio-économiques et culturels, les niveaux économiques et les modes de vie, la pénurie ou l’abondance d’aliments. 40% des pathologies qui affectent les pays en voie de développement sont des maladies infectieuses. Quant au type de relation homme/animal, il peut être à la source de certains risques sanitaires.

    Des facteurs tels que l’augmentation de la population mondiale, la globalisation des échanges le réchauffement climatique ou la pollution ne feront qu’aggraver l’interdépendance santé/environnement et rendent obsolète nos schémas de gestion de santé actuels.

    De 3 milliards d’habitants sur terre en 1950 nous allons passer à 10 milliards en 2050 dont 87% dans les pays en voie de développement ! S’il ne faut pas trop craindre l’offre en protéines animales grâce à l’élevage industriel, on doit craindre en revanche le rétrécissement des espaces disponibles pour la faune sauvage comme dans le cas de la déforestation de l’Amazonie due à la progression des cultures de soja pour alimenter le bétail européen. D’où aussi la multiplication des contacts homme/animaux domestiques/animaux sauvages lourde de conséquences possibles.

    Autre chapitre : l’accroissement exponentiel des échanges commerciaux et individuels. 4 milliards de passagers aériens par an et des produits d’origine avicole ou bovins qui circulent dans le monde entier favorisant le transport de polluants dans l’air et l’eau à des milliers de kms ! Sans oublier les changements climatiques qui favorisent la dispersion d’insectes porteurs de maladies infectieuses au-delà de leurs frontières habituelles.

    Conclusion du Forum : Les systèmes de santé actuels ne sont pas adaptés à cause d’approches sectorielles non intégrées. La médecine humaine et la médecine vétérinaires sont déconnectées, ce qui est dommageable à la médecine humaine car la médecine des animaux de compagnie apporte de riches enseignements pour notre santé. Or, les budgets de recherche et de formation en santé animal sont 30 à 50 fois inférieurs à ceux de médecine humaine.

    Déconnection aussi entre recherche sur l’environnement et médecine; entre pays riches et pays en vois de développement; et enfin entre les politiques de santé d’un pays à l’autre au sein de l’Union Européenne.
    D’où appel urgent à la collaboration entre les différentes disciplines, entre les différents partenaires pour relever les défis à venir. Ce qui pose le problème du conflit entre prérogatives anciennes et tentation d’une centralisation bureaucratique (type mondialiste).

    Entre ces deux extrêmes, certains voient se dessiner « une dynamique beaucoup plus intéressante, plus collaborative avec la participation active de nouveaux acteurs, encore largement absents de ce forum 2012 « 

    Acceptons-en l’augure et attendons de voir comment concilier la conception globale et le respect des organisations locales.

    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere

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