Interaction tabac et chirurgie (annexe de la page 112 du livre « Hippocrate, au secours !))

    Interview du Dr De Mortillet, chirurgien, sur les risques du tabac préalablement à une opération chirurgicale

    « Dans ce domaine nous avons longuement interrogé un précurseur. Il s’agit du Dr Stéphane de Mortillet, chirurgien à Tours qui d’emblée nous a déclaré : « Il y a des opérations pour lesquelles je refuse d’opérer s’il n’y a pas d’arrêt du tabac préalable quinze jours avant l’intervention ». Certes, a-t-il ajouté, « Je ne peux faire état ici  que d’observations vérifiées mais empiriques car il n’existe pas à ma connaissance d’études sur le thème des délais exacts à observer  pour arrêter de fumer avant une opération, ni, d’ailleurs sur la pratique elle même. Globalement il est toujours bénéfique d’arrêter de fumer avant une opération. Pour ma part je demande à mes patients d’arrêter de fumer au moins quinze jours avant l’intervention et au moins quinze jours après l’opération. Il n’est surtout pas question d’utiliser des patchs pour remplacer la cigarette puisque le problème à éviter est lié à la nicotine que ceux-ci contiennent. En fait la  nicotine est un facteur de spasme  de la microcirculation. D’après mes observations, une cigarette  entraîne un spasme de la microcirculation pour huit heures. Avec trois cigarettes on couvre  la journée. Donc, pas de tabac et pas de patch pendant au moins quinze jours avant l’intervention, le temps que la microcirculation se remette en route et que la peau soit bien irriguée. Je n’utilise aucune méthode coercitive bien sûr, j’obtiens un engagement tacite du patient en lui expliquant les méfaits du tabac sur sa microcirculation et les troubles que cela peut entraîner pour sa peau.

    Car le premier risque est un risque de nécrose et il le comprend très bien.

    Particulièrement en chirurgie plastique qui consiste en une mobilisation de tissus cutanés. Or, quand on fait de la chirurgie des transferts tissulaires ou simplement un lifting du visage par exemple, quand on décolle la peau du visage, celle-ci n’est plus vascularisée que par la micro circulation sous-dermique et apparaît alors un risque de nécrose cutanée.

    Donc pour un lifting arrêter de fumer n’est pas une mesure à adopter éventuellement par simple confort,  mais d’une obligation absolue.

    Dans les plasties mammaires de réduction, dans les mammoplasties en général, on mobilise l’aréole ; celle-ci n’est plus alors vascularisée que par des petits vaisseaux du réseau sous-dermique. Donc la fumeuse risque la nécrose aréolaire. Un risque faible sans doute, mais il est vingt fois plus élevé chez les fumeurs que chez les non-fumeurs.

    Sur le plan des infections on ne peut rien prouver mais un tissu ou un organe bien vascularisé est moins sensible à l’infection. Quand un tissu est  bien vascularisé, toutes les cellules de l’immunité vont pouvoir arriver sur place et accomplir leur travail. Il est donc logique d’avancer que l’arrêt du tabac réduit les risques infectieux de manière globale et améliore l’état de santé du patient de toute façon.

    Amélioration des tissus d’abord et, sur le plan de la vascularisation à plus long terme, il est clair qu’une peau bien vascularisée, bien irriguée cicatrisera mieux.

    Depuis quatre ou cinq ans, la plupart des chirurgiens ont pris conscience des nuisances chirurgicales liées au tabac et en tiennent compte dans leur pratique, mais ils n’ont pas eu de conseils ou consignse officiels d’une Agence de Santé pour les aider à diffuser cette information pourtant importante.

    Nous recevons bien des fiches de recommandations de la Sécu mais absolument rien d’officiel sur le tabac.

    Et, à notre connaissance, la HAS ne travaille pas non plus sur le sujet »

     Interrogé aussi sur le sujet de l’hypnose qu’il pratique avant ses interventions le Dr de Mortillet a bien voulu nous en dire quelques mots. « Pour ma part » a-t-il déclaré « j’observe que cela apporte une meilleure relation patient-chirurgien et un meilleur confort préopératoire sous anesthésie locale. L’hypno-sédation permet de diminuer les doses de sédation chimiques [dont l’absorption de médicaments qui seront ensuite rejetés dans les eaux de boissons via les égouts et les stations d’épuration inaptes à les éliminer] d’améliorer le vécu de l’intervention et, pour des patients qui ont des cancers de peau par exemple qui nécessitent plusieurs interventions, il est important que le vécu de chaque intervention soit bon pour pouvoir envisager les probables futures opérations nécessaires en cas d’appariton de nouvelle tumeur. »

     

     

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