La potion amère de Standard & Poor’s pour rétablir la « santé » des pays du G20

    La potion amère de Standard & Poor's pour rétablir la "santé" des pays du G20Standard & Poor’s envisage de déclasser ceux des gouvernements du G20 qui ne parviendraient pas à contenir les dépenses de santé et les coûts liés au vieillissement de la population. Ce qui ne peut laisser les pays dits développés indifférents si on considère que le Japon, les Etats-Unis et la plupart des pays d’Europe sont très directement dans la situation ainsi dénoncée. Et que cela risque de ne pas s’arranger.

    S&P ne prône rien moins que la modification des régimes de protection sociale pour éviter que  la situation ne devienne « intenable ». A défaut de quoi, les notes seront baissées d’ici trois ans ce qui amènera une hausse des pays placés en « catégorie spéculative » à partir de 2020. Qu’on se le dise !…

    Cela n’a rien pour nous surprendre puisque nous savons que notre système de santé doit être envisagé comme  le poste de dépenses à plus forte croissance comme pour tous les pays à haut niveau de protection sociale, parallèlement à une dégradation rapide de la pyramide des âges.

    Pour prendre un exemple, on nous dit ainsi que la population du Japon devrait chuter de 30% d’ici 2060, et que les deux cinquièmes des Japonais des 70% restants auront plus de 65 ans à ce moment là. Le pays du Soleil Levant sera devenu celui de l’Hospice Triomphant

    Une exception, toujours d’après le rapport de Standard & Poor’s : les pays émergents, notamment en Asie du Sud-Est, qui présentent une meilleur démographie et une bonne croissance économique. Pour le moment.

    Sans oublier que la protection sociale y étant beaucoup plus réduite, l’impact démographique sera de moindre importance, font remarquer d’autres sources d’analyse.

    Contribueraient aussi pour deux tiers de cette dérive budgétaire de la protection sociale – d’après le  Fonds monétaire international (FMI) cette fois-ci – le recours à des technologies médicales plus onéreuses ainsi que  la généralisation des traitements à une population de plus en plus large.

    Si on tire les conclusions de cette observation, un des moyens de réduire les  budgets de santé, serait de revenir à la saignée et aux purgations de Molière, en ne les réservant qu’à un nombre limité de citoyens.

    Par ailleurs, Standard & Poor’s affirme qu’il est nécessaire de pratiquer une réforme des systèmes de retraite parallèlement  à celle du régime de santé si les pays du G20 veulent maîtriser vraiment leurs dépenses et s’en sortir.

    Ou les dits pays décident de modifier leurs législations pour contenir les conséquences du vieillissement mais laissent filer les dépenses de santé et la médication n’aura que peu d’effet.

    Ou ils couplent les mesures entraînées par le vieillissement de la population à celles qui ramèneraient l’équilibre budgétaire des dépenses de santé d’ici 2016 et, toujours d’après ces savants prévisionnistes, l’augmentation des dites dépenses sera contenue d’ici 2050 !

    Malgré toutes ces bonnes mesures, l’agence prévoit que, de toute façon  » le nombre de pays situés dans le bas de la catégorie « investissement » augmenterait malgré tout« .

    Qui contestait que le malheur des uns fît le bonheur des autres ?

    Tout cela ne doit nous faire oublier que les systèmes de santé ne sont pas uniquement source de déficit, mais contribuent, partout dans le monde,  à de nombreuses créations d’emplois non dé-localisables et surtout à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens.

    Si bien que la conclusion de ces experts devrait consister à souligner qu’une politique de santé préventive, prenant en considération les impacts environnementaux, permettrait de très nombreuses économies dans les décennies à venir.

    Olivier TOMA  – Primum-Non-Nocere

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