Le forcing gouvernemental sur les médicaments génériques.

    génériquesUn « Plan national d’action de promotion des génériques » est paru en mars 2015. Nous l’avons lu et nous nous posons quelques questions…
    Ce plan propose 7 axes de « promotion »…auxquels nous proposons d’en ajouter un (en fin d’article) qui nous paraît essentiel car il pose les questions indispensables sur des aspects qui ne semblent pas avoir inquiété les rédacteurs :
    Quid
    – du rapport des « génériques » avec l’environnement ?
    – de la traçabilité ?
    – de la composition : est-on sûr que les « génériques » répondent à la composition du produit d’origine à 100% ?
    – de l’impact des excipients à effet notoires sur les femmes enceintes et les nouveaux nés ?
    – de la participation des producteurs de « génériques » à financer le traitement de l’eau ?
    Toutes ces questions semblent avoir pudiquement été laissées de côté. Et pourtant elles nous paraissent essentielles.

    Quelques observations préalables :

    En 1.2 : « Généraliser les LAP (Logiciels d’Aide à la Prescription » pourquoi ne pas avoir évoqué le problème du PBT (Persistent Bioaccumulative and Toxic Chemical Program) qui trouvait là toute sa place ?
    De même en 1.3 : « …. promotion des génériques dans les services formation des internes et infirmiers » faudrait-il peut-être préciser qui sera officiellement chargé de cette formation ?
    De même en 1.7 : QUI devra « élaborer des livrets-types comportant des génériques pour les EHPAD » ?
    En 2.5 nous lisons : « Concevoir une communication adaptée à la cible personnes âgées ».
    Sauf si nos anciens sont désormais destinés à être euthanasiés en servant de « cibles » pour entraîner des tireurs à l’arc, nous comprenons mal qu’on ose utiliser ce terme pour désigner des personnes. Passe encore que le domaine de la santé subisse le langage technocratique, mais qu’on nous épargne au moins le jargon mercantile des publicitaires.
    En 3.3 : « Utiliser toutes les voies d’amélioration de la confiance, de la continuité des traitements, de leur acceptation, de l’observance. »
    Nous voudrions bien savoir ce que le rédacteur avait en tête lorsqu’il évoquait « les voies de la confiance…et de l’acceptation » ? Nous avons la pénible impression que nous devrions lires : « les méthodes de la persuasion par le conditionnement approprié »
    En 4.1 nous lisons, avec non moins de perplexité : « L’hôpital fait confiance aux génériques ». D’accord, mais comment accorder cette confiance si nous ne sommes pas associés à tout le processus qui doit la précéder ?
    Toujours en 4.1, nous lisons encore : « L’Etat s’engage pour renforcer la transparence autour du médicament ». D’accord…mais comment va-t-il établir cette transparence ? Mystère.
    Encore en 4.1 : « La publication des décisions de condamnation pour dénigrement ou contournement des génériques… ». Mais qui va prononcer ces « condamnations » et sur la base de quelle réglementation ?
    De plus la notion de « dénigrement » nous paraît tout à fait contestable, d’abord parce qu’elle est imprécise et ouverte à toutes les interprétations mais surtout parce qu’elle nous paraît absolument contraire au droit d’expression qui existe, paraît-il, dans notre pays.
    Nous espérons que la volonté de coercition se fera aussi impérieuse s’agissant de la publication des éléments relatifs aux effets secondaires liés aux excipients à effets notoires ! Nous l’espérons mais nous en doutons fort.
    En 4.4 : « Renforcer la confiance initiales des médecins sur le médicament en général et les génériques en particulier ». Fort bien, mais sans faire l’impasse pour établir cette confiance sur des bases solides, sur la notion d’impact environnemental et le PBT évoqué plus haut.
    En 5.1 : « Etudier la possibilité de définir des objectifs de performance pour les prescripteurs hospitaliers et en EHPAD ».
    Bravo ! Mais quels sont les critères retenus pour mesurer cette performance ? re-Mystère…

    Pour notre part nous en proposons trois :

    – l’efficacité
    – le coût
    – l’impact environnemental.

    En conclusion nous considérons que ce plan qui se révèle très directif, voire coercitif, demeure très elliptique sur les questions qui fâchent. Questions pourtant essentielles puisqu’il s’agit de nous imposer, pour nous soigner, des produits auxquels on exige que nous fassions entièrement confiance sans que soient réellement pris en compte, dans ce texte, leurs effets réels – directs ou secondaires – tant sur notre santé que sur notre environnement.

    C’est pourquoi nous proposons de rajouter un Axe N° 8 ainsi rédigé :

    AXE N° 8 – Proposer aux professionnels concernés une grille de lecture validée conjointement avec des critères de choix « responsables ».

    8.1 . Renforcer la traçabilité relative à la fabrication des génériques et de la provenance de leurs composants.
    8.2 . Prendre en considération l’impact environnemental des médicaments.
    8.3 . Créer un étiquetage « Générique Copie Conforme » du médicament princeps, sans excipient à effet notoire.
    8.4. Former les médecin à la vigilance particulière relative aux prescriptions des médicaments contenant des « excipients à effet notoires » pour les nouveaux nés, les enfants et les femmes enceintes.
    8.5. Mettre en œuvre le financement du traitement des résidus de médicaments dans l’eau.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Béa

      Bravo pour cet article.
      Vous savez déchiffrer le jargon des lobbies pharmaceutiques souvent oublieux que ce qu’ils vendent est censé apporter plus de bien que de mal (je ne parle pas de leur portefeuille).
      Cela fait quelques années que j’ai pris conscience de la main-mise des grands groupes de fabricants dans les milieux qui nous gouvernent et même dans les instances dites sanitaires. Je commence à savoir, moi aussi, lire entre les lignes.
      Si vos articles pouvaient éclairer nos concitoyens, ce serait vraiment une bonne avancée dans ce siècle où un certain obscurantisme parle avec des mots « scientifiques » pour mieux leurrer une population peu préparée à la curiosité.

    • olivier toma

      Merci de ce retour.
      Il ne tient qu’à nous de diffuser les informations quand on les trouve.
      la balle est  » aussi » dans notre camps.
      Dans cet esprit , je vous engage à lire aussi cet article sur le sujet ( lien ci dessous) des vaccins, il donne un nouvel éclairage.
      En clair, il y a les « contre » et il y a les  » pour ». Les deux camps s’affrontent laissant libre champs aux industriels de continuer à appliquer une vaccination de masse qui n’a pas grand intérêt.
      La sérologie vaccinale est la 3ème voie qui permet de vacciner ceux qui n’ont pas d’anti-corps et uniquement ceux la. C’est un moyen d’optimiser les dépenses de santé, d’améliorer la santé humaine et de réduire les effets secondaires de vaccins qui pourraient s’avérer inutiles…
      à lire:

      http://politiquedesante.fr/2012/01/06/vacciner-intelligent/

      Olivier TOMA.

    • lorenzi

      Les moutons seront tondus ou égorgés et les bergers seront gavés. Faut-il sauver les veaux?

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