Une priorité budgétaire pour François HOLLANDE : l’Hôpital Public. Mais encore ?

    © Copyright 2010 CorbisCorporationA l’occasion de l’inauguration du nouvel hôpital du Scorff en Bretagne-Sud, François Hollande a assuré que la santé devait « rester une priorité » et l’hôpital public « une priorité budgétaire« . Tout en évoquant les difficultés actuelles il a affirmé que   « le rationnement ne sera jamais la bonne réponse, pas plus que la course à l’acte ou à l’activité pour faire du chiffre« . D’où son choix de fixer à 2,7% la progression de l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) en 2013. D’où aussi la nécessité de continuer à investir « là où c’est prioritaire » dans les murs comme dans les équipements. Soient 45 milliards d’euros d’investissements prévus dans l’hôpital public pour les dix ans à venir, toutes ressources cumulées.

    Le chef de l’Etat a aussi réaffirmé la place de « maillon central » tenue par l’hôpital public, qualifié de « dernier chaînon » de l’accès aux soins. Pour lui l’hôpital public n’est pas une entreprise mais « une communauté humaine« , qui doit donc être « exemplaire » en matière de relations et de dialogue social, de gestion des compétences et de prévention des risques professionnels.

    Il a, d’autre part, repris l’idée des Contrats locaux d’amélioration des conditions de travail (CLACT), que les établissements devront signer, par le biais d’un programme « financé par un fonds spécifique« . Il a aussi souhaité voir mis en place rapidement « un service public pour l’information des Français en matière de santé » pour contrecarrer les différents classements proposés par la presse. Il a enfin confirmé la prochaine parution du décret sur les Commissions médicales d’établissement (CME), qui leur redonnera « toute leur place » au sein de la gouvernance hospitalière.

    Ces annonces et promesses sont inspirent les réflexions suivantes.

    Pour atteindre les objectifs de Grenelle II (2020) qui consistent à :

              réduire de 20% les émissions de GEI

              utiliser 23% d’énergie renouvelable

              réduire de 38% la consommation énergétique des bâtiments anciens.

    Il faudra investir sans barguigner dans la rénovation énergétique du secteur.

    Le réchauffement atmosphérique dû à la concentration de CO2 dont l’impact sanitaire ne semble plus à démontrer, perturbe les données climatiques et entraînent de nouvelles pathologies émergentes.

    Il est donc impératif de freiner ces émissions drastiquement si nous voulons réduire les dépenses de santé dans l’avenir. Pour réaliser cet objectif, il faut investir.

    Un simple calcul à partir des données dont nous disposons démontre que pour rénover environ un million de m2 (superficie du secteur public) il faudrait investir 300 milliard d’Euros d’ici 2020…dont le retour sur investissement serait largement justifié en économies de santé dans le siècle à venir.

    C’est dire si l’annonce des 45 milliards d’Euros paraît peu congruente eu égard aux enjeux véritables de la rénovation énergétique à réaliser dans le secteur hospitalier public.

    On peut d’ores et déjà annoncer que Grenelle II ne s’appliquera pas dans notre  secteur de santé.

    Sans oublier – ce qu’a fait le chef de l’Etat qui n’en a pas dit un mot – que le secteur privé qui assure une partie non négligeable de l’activité hospitalière et du service de santé auprès de nos concitoyens, doit, lui aussi, assurer les mêmes investissements !

    Il nous apparaît donc indispensable de créer rapidement un Observatoire du CO2 hospitalier. Pour sa part, le C2DS vient de créer OBSCARE® outil destiné à mesurer précisément les consommations énergétiques et à déterminer les efforts de rénovation indispensables à  venir.

    Dans le même temps il apparaît indispensable de créer un « Fond pour la Rénovation Energétique » qui permettra au secteur de financer sa transition énergétique.

    Est-il nécessaire de souligner à nouveau que le Secteur Hospitalier doit être exemplaire et pédagogique si on veut réellement appliquer en France le protocole de Kyoto et les objectifs du Grenelle II qui ne visent à rien moins que de réduire nos impacts écologiques, économiques et sanitaires et de préserver la santé des générations futures ?

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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