• Mention légale

    Ce document est protégé par le Code de la propriété intellectuelle et ses dispositions sur les droits d’auteur. La SCS Primum Non Nocere détient l’exclusivité de ces droits. Toute reproduction, représentation ou diffusion par quelque moyen que ce soit est interdite et constitue le délit de contrefaçon.

Les cancérogènes : un danger pour les soignants

Les cancérogènes : un danger pour les soignants

Ce danger est si réel que l’INRS préconise un renforcement de la prévention relative à l’exposition des personnels soignants en oncologie aux produits cancérogènes contenus dans les médicaments cytotoxiques.

Pourquoi cette inquiétude ?

Tout simplement parce-que les traitements cytotoxiques ont eux aussi des propriétés… cancérogènes. Tout le contraire de l’homéopathie. Celle-ci est censée « soigner le mal par le mal » alors que les produits cancérogènes « aggravent le mal par le bien (supposé) ».
En théorie ces substances doivent s’attaquer aux cellules cancéreuses dans le cadre des chimiothérapies. Mais elles ont tendance à déborder quelque peu de leur rôle. Ainsi provoquent-elles des effets génotoxiques – nocifs pour la reproduction – et tératogènes – toxiques pour l’enfant à naître avec risques de malformation, qui pourraient conduire à considérer que le remède est pire que le mal.

C’est pourquoi Santé publique France a publié récemment les principaux résultats de deux enquêtes d’évaluation des expositions réalisées au sein d’un même établissement hospitalier en 2010, puis en 2016 pour essayer de provoquer une  prise de conscience – encore hypothétique – des risques encourus dans les services anticancéreux.

Les problèmes.

C’est ainsi que l’étude de 2010, relève des traces de contamination par des médicaments cytotoxiques dans la moitié des échantillons d’urine des infirmiers et aides-soignants suivis, ainsi que sur les surfaces de travail.

Plusieurs dispositions préventives ayant été prises après ce constat, la nouvelle évaluation de 2016, révèle non seulement  une permanence de l’exposition nocive mais même une aggravation.

Le questionnaire révèlera :

  • un port de gants irrégulier chez les infirmiers et les aides-soignants lors de l’administration des médicaments et lors des soins aux patients,
  • seuls deux infirmiers sur quatorze ( !) connaissaient l’existence d’un kit de décontamination en cas de fuite ou déversement accidentel d’une chimiothérapie. Or, il faut savoir que dans ces cas il faut agir en moins de 5 minutes ! 
  • pour les infirmiers seuls ceux qui préparent ces médicaments en pharmacie hospitalière encourent des risques. Ce qui est faux, le travail sous hotte limitant largement la contamination par voie inhalatrice.
  • Alors qu’en fait, la principale voie de contamination est cutanée. En effet les préparations de chimiothérapie sont livrées sous forme de poches ou de seringues emballées. Or, l’emballage de ces préparations, pollués par les produits actifs, constituent des sources potentielles de contamination.
  • Ainsi, au moment de l’administration du traitement, le contact avec l’emballage peut-il s’avérer contaminant.
  • Sans oublier les excrétas des patients : sueur, urine, selles, vomissements. Et là, ce sont les aidessoignants qui sont directement visés alors qu’ils imaginent être à l’abri des dangers courus par les seuls infirmiers qui administrent les traitements…

Dénoncer les risques et les anticiper.

Pour l’INRS :

  • Il est avant tout nécessaire de porter des gants en latex ou nitrile pour manipuler les médicaments, les gants en vinyle s’avérant trop fins.
  • Il faut que le personnel soit doté d’« une surblouse antiprojections à manches longues et serrées, un masque et des lunettes de protection lors de toutes tâches impliquant un risque de projection ».
  • Il faut enfin limiter les zones de contamination, via des plateaux de soins et un tri des déchets, pour éviter les risques lors du nettoyage des chambres.

La difficulté de réaliser une prévention efficace dépend largement :

  • de la jeunesse du personnel et du turn-over important dans le service où quasi huit infirmiers sur dix avaient une ancienneté inférieure à deux ans au moment de l’enquête.
  • Cet état de chose compromet la transmission efficace de l’information dans le temps.
  • C’est pourquoi seule la moitié des soignants avaient bénéficié d’une formation sur la gestion du risque cytotoxique à leur arrivée dans le service. Sans conscience du risque encouru il est évident que les personnels exposés n’intègrent pas les gestes de prévention.
  • Conclusion : le personnel encadrant doit s’efforcer de mieux sensibiliser ces personnels d’une manière régulière et permanente et consacrer davantage de temps et d’attention à ces risques.

Nous vous fournissons en « fichiers joints » deux études vous apportant un certain nombre de données techniques indispensables sur le sujet.

Première étude

Deuxième étude

Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

  • Voir les commentaires

Ads

Vous pourriez aimer aussi

Pour une suppression du calendrier vaccinal, pour une vaccination personnalisée

Pour une suppression du calendrier vaccinal, pour une vaccination personnalisée

Qu’est-ce que la sérologie vaccinale ? La sérologie vaccinale est une méthode qui permet de ...

STOP au formaldéhyde !

STOP au formaldéhyde !

Qu’est-ce-que le formaldéhyde ? C’est un gaz incolore, suffocant et inflammable. Plus connu sous ...

Les épurateurs d'air mis au pilori par l'Anses.

Les épurateurs d’air mis au pilori par l’Anses.

Le problème de la qualité de l’air intérieur (QAI) est un de ceux qui ...