La haute altitude polluée, elle aussi, par les microplastiques !

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    D’après une équipe internationale de chercheurs du CNRS, qui comprenaient des scientifiques grenoblois de l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE) la haute altitude n’échappe pas à la présence de microplastiques ! C’est le cas notamment du sommet du Pic du Midi dans les Hautes-Pyrénées.

    Autant dire que « l’air pur des hautes montagnes » n’est plus qu’une aimable fiction.

    Que nous respirions des microplastiques dans l’air des villes et surtout à proximité des sites industriels va de soi, c’est même le contraire qui nous surprendrait. Mais à près de 3000 mètres d’altitude, qu’une équipe scientifique internationale ait pu déceler la présence d’environ un microplastique tous les 4 m³ d’air aspirés, voilà qui nous enlève toutes nos illusions.

    Comment a-t-on pu établir ces données ?

    Au moyen d’une pompe installée à l’Observatoire astronomique au sommet du Pic du Midi de Bigorre, capable d’aspirer 10 000 m3 d’air par semaine. L’analyse chimique des particules présentes dans l’air aspiré, a ainsi permis d’identifier des polymères, tels le polystyrène ou le polyéthylène, en provenance directe des emballages plastiques.

    Les chercheurs précisent que la faiblesse de concentration de ces intrus que sont les microplastiques dans l’air des cimes, ne présente pas de danger pour la santé. Acceptons en l’augure. Néanmoins la confirmation du rôle du transport atmosphérique par le vent dans le cycle global des microplastiques n’est pas faite pour nous rassurer ni pour nous réjouir quand on songe à l’impact possible, au fil du temps, de ces transports sur des zones éloignées des sources de pollution.

    D’où viennent ces plastiques ?

    Les modélisations mathématiques des trajectoires des masses d’air transportant ces particules, ont permis à l’équipe de scientifiques d’établir qu’elles viendraient d’Afrique, d’Amérique du Nord ou encore de l’océan Atlantique !

    Ce qui confirme l’action d’un transport aérien intercontinental des particules jusqu’aux hautes altitudes. Ce qui explique aussi la présence de microplastiques dans des régions reculées du monde, comme les pôles Nord et Sud ou encore l’Everest.

    Une conquête universelle

    Mais on aurait tort d’imaginer que cette pollution plastique se limite aux cas que nous venons d’évoquer, car on en trouve :

    A terme cette présence universelle des plastiques dans ce que nous respirons, mangeons et buvons pourrait ressembler au contenu de cette boîte que Pandore ouvrit sottement dans la mythologie grecque. Ce qui pouvait être considéré comme un bienfait que la technoscience offrait à l’humanité par l’invention des plastiques, pourrait bien s’avérer, à terme, comme un des pires poisons qu’elle ait à affronter.

    Lire aussi : Les phtalates tuent : 100.000 décès prématurés annuels leurs sont attribués par une étude US

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