L’OMS n’y va pas par quatre chemins : « Sans la mise en place de mesures adéquates d’atténuation et de réduction » pour lutter contre le changement climatique,  » la santé publique mondiale » affrontera « des risques inacceptables« . C’est la conclusion du rapport remis au gouvernement marocain (hôte de la COP 22 en novembre prochain) après la conférence internationale sur la santé et le climat, tenue à Paris les 7 et 8 juillet derniers.

    Rapport dont l’objectif consiste à renforcer les capacités de résistance des systèmes de santé et à  favoriser les mesures d’atténuation du changement climatique, notamment en mesure de qualité de l’air.

    Il insiste pour ce faire  sur la hausse des investissements financiers à réaliser et sur le suivi des progrès réalisés par les pays dans ces domaines.

    La feuille de route de l’OMS incite aussi la communauté des professionnels de santé à « s’engager pleinement dans le développement des volets santé des plans nationaux d’adaptation au changement climatique, et des contributions déterminées nationalement (NDCs) ainsi que dans l’atteinte des ODD« .

    Prévisions et Préconisations :

    Le changement climatique entraînera environ 250.000 décès de plus dus à la malnutrition, au paludisme, à la diarrhée et au stress lié à la chaleur, entre 2030 et 2050.

    Le coût estimé des dommages directs oscille entre 2 et 4 Mds/€ (il ne tient pas compte des coûts entraînés par les problèmes conjoints  de l’agriculture, de l’eau et de l’assainissement).

    Il faut donc préparer et former les personnels de santé à faire face à ces changements climatiques. Comment ? En améliorant la surveillance des maladies – en anticipant la réponse aux phénomènes climatiques extrêmes.

    Des adaptations sont aussi nécessaires du côté des infrastructures et des technologies hospitalières face aux risques climatiques. Les domaines de l’énergie, de l’eau et des installations sanitaires, doivent être particulièrement  adaptés pour affronter des épisodes climatiques extrêmes.

    Il faut aussi, affirme l’OMS : « Partout où cela est possible … simultanément, renforcer la prestation des services de santé et réduire leur impact environnemental.« 

    Les infrastructures de santé doivent « montrer l’exemple » en utilisant des sources d’énergie propres et renouvelables, notamment dans les pays en développement.

    On devrait aussi mettre en place des mesures contre la pollution de l’air qui entraîne chaque année 7 millions de morts dans le monde.

    Il faut  « cibler les interventions pour réduire les polluants de courte durée de vie » pour « réduire significativement le réchauffement et le nombre de morts liés à la pollution de l’air« .

    Il faudrait aussi multiplier les analyses systématiques sur les effets d’actions ou de choix technologiques nombreux en mesure de santé : domaines de l’approvisionnement en énergie – on pourrait même mettre en place un prix au carbone.

    Investissements préconisés pour réduire l’impact du changement climatique sur la santé.

    Il faut investir d’avantage « pour faire en sorte que la santé soit reconnue comme une priorité dans les financements climat et pour intégrer les considérations climatiques dans les mécanismes de financement nationaux et internationaux de la santé » affirme l’OMS.

    Investissement qui devront être « évalués » et rendre compte de leur efficacité.

    Et d’évoquer une « évaluation mondiale des coûts économiques associés aux effets du changement climatique sur la santé » opérée par des « organisations pertinentes« .

    Evaluations

    L’OMS envisage de mesurer les progrès réalisés dans chaque pays, et notamment  » les gains obtenus en matière de santé grâce à la mise en place des NDC et le potentiel pouvant être atteint en mettant en place des actions plus ambitieuses en matière d’atténuation et d’adaptation« .

    Elle veut mettre en place une plateforme mondiale de partage d’informations.

    Mobilisation d’associations médicales

    Elle souligne le rôle « essentiel » des médecins contre les effets du changement climatique…..suivie en cela par le Conseil national de l’ordre des médecins, la Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine, et l’Association médicale mondiale qui « réitèrent le rôle essentiel des médecins contre les effets néfastes du changement climatique sur la santé » et saluent « les recommandations de la conférence présentées au gouvernement marocain…..en particulier, les recommandations sur le développement de la capacité des professionnels de santé pour répondre aux risques induits par le changement climatique, sur la coordination d’une approche multisectorielle et sur la fourniture de l’assistance technique aux gouvernements nationaux et enfin, d’assurer un financement adéquat pour le renforcement des systèmes de santé…..[et affirment que] « les médecins appellent les gouvernements à engager le secteur de la santé dans la mise en œuvre et la révision des niveaux d’engagement nationaux ou NDC« .

    Affaire à suivre

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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