Bisphénol A et DEHP définitivement mis hors circuit par le Sénat : bon vent !

    Bisphénol A et DEHP définitivement mis hors circuit par le Sénat : bon vent !Sur la proposition de Gérard Bapt le Sénat vient d’adopter définitivement et à l’unanimité une loi qui [suspend]  » la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A« . On se souvient que cette substance chimique est très utilisée dans les revêtements internes des canettes, boîtes de conserve, et bouteilles en plastique, sans oublier des composites dentaires. C’en sera terminé à partir de du 1er janvier 2015. En tant que lanceur d’alertes nous avions dénoncé les phtalates à de nombreuses reprises comme perturbateurs endocriniens, cancérigènes et neurotoxiques. Nous avions fini – ainsi que d’autres lanceurs d’alertes – par être entendus par l’Anses qui avait fini par juger bon de le remplacer sans tarder. Cette interdiction de salubrité publique est avancée à 2013 – c’est à dire dès promulgation du texte – pour tous les contenants de produits alimentaires destinés aux enfants de moins de trois ans. D’autre part l’interdiction qui avait été mise en place pour les biberons dès 2010, est – enfin ! – étendue aux maternités et services de néonatalogie. On se demande pourquoi il a fallu attendre trois ans pour prendre cette mesure de bon sens. Et, de même que les mauvaises nouvelles ont tendance à se succéder, les bonnes mesures semblent vouloir se multiplier puisqu’ il a été décidé que le bisphénol A serait aussi interdit dans les collerettes de tétines et de sucettes et des anneaux de dentition pour bébés. En revanche nous nous interrogeons sur la formulation qui consiste à indiquer que « la loi ouvre aussi la voie à la prohibition de certains phtalates » (di 2-éthylhexyl) alors qu’elle confirme l’interdiction d’utiliser des tubulures médicales contenant ce DEHP (largement utilisé comme plastifiant et assouplissant) dans les services de pédiatrie, néonatologie et maternités. Pourquoi ces atermoiements ? Certains se réjouissent d’une « entrée en vigueur des dispositions concernant les nourrissons et les enfants en bas-âge, prévues pour intervenir à compter du premier jour du mois suivant la promulgation de la loi ». Parfait. Mais nous espérons qu’ils se mobiliseront pour que les dites dispositions soient très rapidement étendues à leurs parents qui ne sont pas moins exposés aux effets désastreux induites par les tubulures et poches de sang traitées au DEHP.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

    • Voir les commentaires

    Vous pourriez aimer aussi

    Des substances à proscrire pour prévenir le cancer du sein

    Chose curieuse aucune étude ne s’était jusqu’à présent attaquée aux rapports entre les produits ...

    Colloque : La santé des Enfants et l’Environnement

    Le troisième Colloque international de « l’Appel de Paris » qui portera sur « La santé des ...