DEHP - Source GoogleSoucieuse de connaître la concentration de DEHP et la concentration résiduelle d’oxyde éthylène des dispositifs médicaux utilisés en maternité, la CAHPP a interrogé 172 fournisseurs.
    Seul  66 industriels se sont donné la peine de répondre. Et encore….

    Il s’agissait de voir comment étaient appliquées les dispositions de la « DGS/PP3/DGOS/PF2/2015/224 du 17 juillet 2015 » relative à l’interdiction de l’utilisation des tubulures comportant du DEHP dans les services de pédiatrie, de néonatalogie et de maternité et  invitant les établissements de santé à privilégier les tubulures comportant la concentration en DEHP la plus faible possible ».
    Difficile à évaluer quand seuls 38% des établissements concernés répondent au questionnaire.

    Rappelons que la loi du 24 décembre 2012 prévoyait l’interdiction de l’utilisation des tubulures comportant du DEHP dans ces services à compter de juillet dernier. Mais – d’après le PDG de la CAHPP – les maternités sont dans la rigoureuse incapacité de respecter ces vertueuses – mais bien insuffisantes – instructions puisque les industriels se gardent bien de leur fournir les moindres informations !

    Or, l’instruction conjointe DGS/DGOS du 16 octobre 2015 précisait qu’il est « nécessaire que l’établissement de santé utilisateur dispose d’une information sur les quantités résiduelles d’oxyde éthylène pour ces dispositifs afin de choisir ceux limitant au mieux l’exposition lors du contact avec le patient ».

    Et le PDG de la CAHPP d’affirmer : « Il est urgent que les industriels apportent toute la transparence nécessaire. La CAHPP ne va pas lâcher le dossier et nous devons responsabiliser le marché ». Attitude exemplaire et très courageuse dans le contexte qui est le nôtre en France.

    Les faits.

    La CAHPP a sollicité  par courrier le 4 novembre 2015 les 172 fournisseurs de dispositifs médicaux référencés par la centrale pour obtenir les informations indispensables et réglementaires. Puis, la date butoir du 9 avril 2016 étant dépassée et les réponses des industriels aussi rares que les promesses tenues par les hommes politiques, elle  les a relancés le 14 avril dernier avec une nouvelle date butoir de réponse au 29 avril.

    Et c’est là où nous atteignons ce chiffre de 66/172 réponses, soient 38% !

    Et encore faut-il nuancer ces maigres résultats.

    Car on n’obtient d’informations précises que pour 42 industriels – 24 attendent benoîtement les données de leurs propres fournisseurs – 1 a décidé qu’il ne répondrait que lorsqu’il disposerait d’un arrêté fixant officiellement le taux de DEHP acceptable.

    Les 106 autres industriels sont aux abonnés absents et continuent à pratiquer leurs petits mélanges nocifs sans états d’âme…et sans être inquiétés.

    Conclusion :

    D’un côté le ministère écrit qu’il est de la responsabilité des établissements d’acheter les dispositifs contenant la moindre concentration de phtalates….mais en oubliant de rendre l’étiquetage obligatoire.

    De l’autre les fournisseurs – qui ont parfaitement compris qu’on ne cherche pas  vraiment à les contraindre, que cette mesure ministérielle est purement dilatoire et qu’ils ne risquent rien –  jouent l’opacité et méprisent carrément les demandes des centrales d’achat…

    Ce qui paraît particulièrement  révoltant dans ces artifices réglementaires qui favorisent les industriels, c’est que si demain les choses s’aggravaient et qu’un scandales éclatât, ce serait les maternités et les services de néo-natalité qui seraient désignés comme les coupables…puisqu’ayant le devoir de choisir « les plus faibles concentrations possibles » on les accuserait de ne pas l’avoir fait, alors qu’on les met en incapacité de le faire. Ignoble, n’est-il pas ?

    Et pendant ce temps la lente et sournoise contamination aux phtalates continue son chemin dans le corps de nos enfants !!!

    Merci Mme la Ministre

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

    https://politiquedesante.fr/2014/11/12/le-dinp-aussi-dangereux-que-le-dehp-a-quand-un-indice-de-substitution-garantissant-linnocuite-des-composants/

    https://politiquedesante.fr/2015/08/26/le-retour-des-dehp-dans-nos-dispositifs-medicaux/

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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