Le violoncelle « adoucit les mœurs » et combat la douleur

    Le violoncelle "adoucit les mœurs" et combat la douleur

    C’est le nouvel antalgique mis en œuvre par l’hôpital Sainte-Perrine à Paris qui mobilise les soins d’une art-thérapeute violoncelliste pour soulager les soins douloureux prodigués à des patients très convaincus. Un établissement en pointe dans ce domaine de la musicothérapie qui nous réserve sans doute bien d’autres surprises.

    Comment cela agit-il ?

    D’après les Dr Jean-Marie Gomas qui a responsabilité du Centre Douleurs-Chroniques et Soins Palliatifs de l’hôpital : « La musique bouleverse les patients au point que cela a un impact sur eux-mêmes et sur la douleur liée aux examens« .

    Et c’est ainsi que l’art-thérapeute qui jusqu’alors travaillait auprès d' »Alzheimer » dans des Ehpad, s’est trouvée engagée dans un projet bénéficiant à des patients en soins palliatifs, souvent douloureux. Projet destiné à mesurer les effets bénéfiques de séances de musique vivante. Avec elle les séances de pansement d’escarre, de  toilette ou encore la pose de cathéter veineux, sans devenir un réel plaisir, sont devenues beaucoup plus supportables.

    C’est ainsi qu’elle explique que : »Les premiers résultats sont extraordinaires, la plupart des patients sont touchés au plus profond d’eux-mêmes [….] même chez ceux qui sont dans le coma, « on sent une décontraction au niveau de la respiration« .

    Le principe de cette action est défini ainsi : « On ne guérit pas, mais on cherche à s’adresser à la partie saine de la personne malade« ..

    Ce projet est financé par le Fondation Apicil spécialisée dans la luttre contre la douleur, et il a démarré en 2014. Son objectif consiste à mesurer les effets d’une à trois séances de musique vivante jouée en direct lors d’actes douloureux, auprès de 200 patients. Chaque séance est programmée entre l’artiste,  l’équipe médicale et la famille.

    Bilan provisoire

    Il porte sur 92 patients qui ont déjà bénéficié à ce jour du « pansement Schubert », compositeur choisi par l’art-thérapeute musicale, Mme Oppert, qui avait donné pleine satisfaction pour la première fois en Ehpad. Il s’était avéré que les soins douloureux chez une malade, n’avaient été possibles que lorsqu’elle celle-ci entendait le mouvement lent du deuxième trio de Schubert.

    Mais depuis,  Brahms, Mozart… mais aussi de la musique japonaise, voire du rock maghrébin (à la demande) ont rejoint Schubert. Quant au violoncelle il a été choisi car c’est l’instrument le plus proche de la voix humaine offrant «  des fréquences facilement accessibles » quel que soit le niveau socio-culturel ou l’état mental du patient.

    La musique provoque une « contre-stimulation sensorielle » qui réduit, chez le patient, l’excès de stimulation provoquée par des douleurs aiguës ou chroniques.

    Les séances durent de 15 à 20 minutes en moyenne mais peuvent être allongées suivant l’état du patient. Rares sont ceux qui refusent (pas même 10%) pour une raison ou une autre.

    Durant les séances on évalue la tension artérielle et la fréquence respiratoire.
    Mais on mesure aussi le ressenti émotionnel du malade et de son entourage et la douleur peut être estimée par la mise au point d’échelles d’auto-évaluation ou comportementales. Les premiers résultats de l’étude estiment l’atténuation de la douleur entre 10 et 30%, mais il est évident que « tout n’est pas forcément quantifiable« , comme le précise la directrice de la Fondation Apicil.

    Les malades ainsi traités expriment souvent leur ressenti et la musicothérapeute recueille leurs paroles qui fourniront la matière d’un ouvrage à venir.

    Développement de l’art-thérapie

    Il s’agit maintenant de pérenniser les expériences d’art-thérapie menées dans les hôpitaux et qui portent également sur la danse, le théâtre, ou la peinture qui viennent compléter le panel d eméthodes recommandées par la Haute Autorité de Santé (HAS) telles que la sophrologie, l’hypnose ou la relaxation pour le soulagement des douleurs.

    C’est ainsi qu’existent des ateliers de pratique artistique : écriture, théâtre, musique, expositions photos à Gustave Roussy qui a reçu fin 2012 le label « Culture et Santé en Ile-de-France » délivré par l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Ile-de-France et la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) d’Ile-de-France.

    On note aussi l’activité de l’association « Un Piano à l’hôpital » qui organise des récitals dans l’espace des consultations.  Chacun peut jouer et animer ces moments musicaux : aussi bien les musiciens professionnels invités que les patients, leurs proches ou des membres du personnel de l’institut..

    La musique n’est pas seule à permettre l’évasion hors du monde de la maladie et de la souffrance.

    L’association Quartier Japon et Takeda France offrent des séances de calligraphie pour exprimer son état intérieur par les mots qui nous plaisent ou par des signes tracés sur une feuille de papier.  Ils animent aussi des ateliers d’origami ouverts à tous les patients et leurs accompagnants, où l’on peut créer toutes sortes de petits objets ou de figurines tout en se détendant.

    Quant à l’association « Sur Un Lit de Couleurs » elle organise, elle,  un atelier d’arts plastiques à l’usage des patients hospitalisés à Chevilly-Larue.

    Les initiatives allant dans le sens du soulagement de la douleur et de l’angoisse par l’activité artistique ou ludique se multiplient en France et nous ne pouvons qu’encourager à les développer encore, car tout ce qui peut aider les patients tout en réduisant la part dévolue aux substances médicamenteuses, pour nous, va dans le bon sens.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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