Le rouge et le noir : la Chine invente la « liste noire » contre la pollution.

    Le rouge et le noir : la Chine invente la "liste noire" contre la pollution.La Chine a trouvé un moyen pour faire pression sur les entreprises polluantes : elle demande aux 31 Agences locales de l’environnement de les mettre sur une « liste noire ».

    Comme quoi, la culture de la délation et de l’ostracisme se porte toujours bien en pays communistes.

    Pour amener les entreprises polluantes à résipiscence, l’Etat envoie ses représentants mesurer les pollutions éventuelles et « invite » les Agences doivent publier la liste de ces entreprises, qui sera reprise ensuite par la presse locale.

    On n’a pas encore prévu de tondre les patrons pollueurs; cela ferait sans doute trop de travail.

    Les résultats de cette politique sont divers : les provinces très liées aux marchés internationaux appliquent mieux ces dispositions coercitives que d’autres provinces aux marchés plus locaux ou nationaux.

    Individuellement, nombre de citoyens sont d’autant plus ravis de pouvoir dénoncer les moutons noirs qu’ils sont récompensés financièrement, la méthode des trente deniers étant maintenant  bien rodée.

    A la suite de la mise en place de ces dispositions,: 43 usines ont été fermées pour rejets intempestifs d’eaux usées et 19 autres ont été contraintes de nettoyer leurs lignes de réalisation. Nous ne nous en plaindrons pas bien sûr. Mais il y a quand même la façon de faire…

    Et elle est un peu inquiétante : en 2009 l’Agence de Shangaï publie une liste noire de 420 entreprises fautives; en Janvier 2010 le nombre monte à 721 ! Une telle augmentation laisse perplexe.

    Interviennent alors les ONG locales qui s’emparent des listes et attribuent une note suivant les réponses des entreprises intéressées. Puis elles passent le relai aux ONG occidentales qui font pression sur les grandes marques travaillant avec la Chine.

    On nous dit que Hu Jintao et le parti communiste chinois veulent garantir les droits et les intérêts des individus, notamment dans les domaines économique et social, ainsi que la protection de l’environnement et la lutte contre la pollution, maintenant que la croissance économique est assurée. Ils appellent cela une « Politique pour la construction d’une société harmonieuse« .

    Nous sommes sûrs que tant d’humaine sollicitude ira droit au cœur des Tibétains, partie intégrante de la nation chinoise comme chacun sait…

    Ne boudons pas trop : ces dispositions ont malgré tout leur bon côté puisqu’elles donnent des moyens d’action accrus aux ONG en Chine. D’autre part, il faut signaler que les citoyens chinois, ceux qui sont les premières victimes de la pollution dans un pays qui comporte 42 millions de PME et qui consomme une électricité fournie à 78% par des usines à charbon, sont les consommateurs les plus préoccupés de la planète par les questions d’environnement.

    A signaler aussi – de manière tout à fait contradictoire en apparence – que la Chine est le pays où le développement des énergies renouvelables a été le plus fort en 2009.

    Nous espérons à Primum-Non-Nocere que nous  arriverons à d’aussi  bons résultats sans réveiller les vieux démons de la délation qui sont toujours prêts à s’ébattre joyeusement dans notre beau pays.

     

    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere

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